Elsa Vergne - professionnelle du sport depuis 12 ans

Bordeaux

Rencontre avec Elsa Vergne, professionnelle du monde du sport avec plus de 12 années d’expérience dans les médias. Elsa nous partage sa passion pour le sport, son expérience et ses conseils pour évoluer dans ce domaine très prisé.

Vous avez un parcours très riche dans l’univers du sport Elsa, pouvez-vous nous en parler ?

Après l’obtention de mon diplôme d’école supérieure de commerce, j’ai débuté mon aventure professionnelle à Paris, dans les équipes de la publicité digitale du groupe Figaro. J’ai alors fait une rencontre déterminante pour l’orientation de mon parcours : l’éditeur en charge du sport, qui venait de racheter le site Sport24, m’a donné l’opportunité de collaborer à ses côtés. Nous avons alors pris en charge, avec mon équipe au sein de la régie publicitaire, la commercialisation du site puis de toute l’offre sport du groupe. Notre mission était de proposer aux annonceurs des dispositifs de communication autour des grands événements sportifs et des thématiques couvertes toute l’année dans nos médias : le golf, la voile... J’ai suivi aussi les campagnes de nos sponsors sur nos événements, comme la Solitaire du Figaro et le mythique Cross du Figaro. C’était une première expérience structurante dans l’univers du sport et des médias... j’en garde un souvenir mémorable ! Dans le même temps, je prenais la codirection du service des opérations spéciales et de création de contenus sur-mesure pour les annonceurs du groupe.

J’ai ensuite eu l’opportunité de rejoindre les équipes de RMC pour prendre la direction du « Pôle Sport » au sein de la régie publicitaire du groupe (Nextrégie, devenue Next Media Solutions). Quand j’ai rejoint les équipes, en septembre 2014, l’enjeu était de réussir la commercialisation des grands événements sportifs sur les antennes du groupe avec, en ligne de mire, l’Euro 2016 en France. Nous avons fait de cet événement majeur un succès commercial sur RMC, mais aussi sur nos chaînes de télévision avec notamment BMF tv, et sur nos sites et applications digitales. En marge de ces grands événements, nous avons œuvré avec une équipe de choc que j’ai recruté à mes côtés, pour amener les annonceurs du sport à activer leurs partenariats sur nos supports. Nous étions aussi en mesure de monter des événements clé en main (sessions de running, tournois de poker, tournée d’hiver...) pour nos clients et en faire la promotion sur l’antenne de RMC. Nous avons aussi élaboré la stratégie commerciale des nouvelles chaînes TV sport du groupe (RMC SPORT...) suite à l’acquisition de droits premium par Altice : Premier League, Jeep Elite, UEFA Champions League...

Après 4 années trépidantes, riche d’expériences, de rencontres et de nouveaux challenges, j’ai décidé de donner une nouvelle orientation à ma carrière. J’ai créé l’an dernier MIDI37, société de conseil et d’accompagnement très orientée...sport business !

Qu’est-ce qui vous a attiré dans le domaine du sport, pourquoi avoir choisi cette orientation ?

Le spectacle sportif m’a toujours fait vibrer car il véhicule des émotions positives et très fortes. Je suis surtout admirative des sportifs professionnels : j’ai eu la chance de côtoyer de grands champions, en activité ou en reconversion, lors de mes années passées chez RMC. Je retiens de ces rencontres leur détermination, leur engagement, leur courage, leur capacité à se dépasser, à se remettre en question aussi. Au-delà de transmettre les valeurs que nous connaissons tous, ils sont inspirants. J’ai toujours été fascinée par leur état d’esprit et leur énergie contagieuse. Travailler dans l’économie du sport, c’est aider ces grands champions à réaliser leurs exploits !

Mon attachement au sport est aussi une histoire de racines. Les miennes sont toulousaines. Fidèle supportrice du Stade Toulousain depuis mon enfance, je salue cette grande équipe qui a remporté l’an dernier son vingtième bouclier de Brennus. Je suis fan de surf également et je me déplace chaque année dans les Landes pour les championnats du monde de surf. Je crois enfin que le sport et les sportifs jouent un rôle déterminant dans l’évolution de notre société, vers plus de responsabilité et d’impact. La période que nous traversons avec la crise du Covid-19 accélère cette prise de conscience et la nécessité de faire évoluer nos modèles. Les sportifs sont des acteurs du changement et inspirent toutes les générations. Nous pouvons déjà observer la mobilisation de nombreuses personnalités du sport dans cette période de confinement : avec le mouvement des « Colibris du Sport » qui appelle à construire « Le sport d’après », et avec l’opération #TousenBlanc, relayée largement par les sportifs au profit de la Fondation de France - à l’initiative d’un groupe d’entrepreneurs de la Sport Tech. Professionnellement, c’est grâce à ma première expérience au Figaro et à cette rencontre déterminante que j’ai pu travailler et évoluer dans ce secteur. Des opportunités se présentent, il s’agit de les reconnaitre, puis de les saisir.

Vendre un produit sportif, c’est comme vendre un produit plus classique ?

Vendre un produit sportif, c’est d’abord laisser sa raison de côté et laisser parler la passion ! Le sport est très souvent un produit incarné, par une équipe, un ou une athlète. Chez RMC, nous avions la possibilité de faire appel à des anciens sportifs de haut niveau pour participer aux actions de communication de nos partenaires ou les faire venir sur nos événements. Ces personnalités véhiculent de nombreuses valeurs, qui font écho à celles des marques.

Vous donnez également des cours, d’où vient cette envie ?

J’adore transmettre. J’ai managé des équipes commerciales dans mes différentes expériences professionnelles. Les former, les accompagner, les voir réussir, échouer parfois, essayer encore et grandir... toutes ces étapes sont des sources de satisfaction immense ! Si nous avons réussi à atteindre nos objectifs, c’est parce que je travaillais avec des collaborateurs soudés. Cultiver l’esprit d’équipe, se soutenir, savoir s’amuser aussi... tout cela est fondamental pour réussir une mission collective.

Avec du recul et 12 années en entreprise, ce volet transmission était pour moi très important. C’est pourquoi je voulais apporter mes compétences et partager mes expériences avec les étudiants de l’ESG Bordeaux de la filière sport, qui seront les professionnels de demain.

Je me suis rendue compte, lorsque j’interviens auprès d’un groupe d’étudiants, que je gère le groupe comme un manager avec son équipe : tous ensemble, chacun participe et apporte son expertise et dans le même objectif : apprendre, en partageant notre passion du sport

Quel regard portez-vous sur l’ouverture de l’ESG au sein du Matmut ATLANTIQUE ?

Les stades se muent de plus en plus en lieu de vie et d’échanges. C’est un formidable outil de travail pour l’ESG et un atout indéniable pour attirer les étudiants. Se former dans un stade comme celui-ci est une chance incroyable pour eux. Cela offre de nouvelles perspectives d’apprentissage grâce à des synergies nouvelles. Je pense que ce sera le départ de nouvelles collaborations, de nouveaux projets pour les étudiants. C’est une pierre de plus dans l’ambitieux projet porté par l’ESG dans la formation des professionnels du sport.

Avez-vous des conseils à donner aux étudiants qui souhaitent suivre une filière sport ?

D’un point de vue attitude, il est vraiment essentiel d’être dans une posture d’ouverture et de curiosité. Il est important d’être conscient que les temps sont « mouvants », que l’adaptabilité est une qualité recherchée. Ne vous découragez pas, même si les temps sont difficiles. Continuez à prendre des initiatives, à partager vos idées, et tentez de nouvelles choses. Il y a toujours des opportunités à saisir !

J’insiste aussi auprès des étudiants sur l’importance des entrepreneurs et start-ups dans le sport et du développement de la « Sport Tech ». Ce sont des entreprises qui apportent des solutions pour moderniser les pratiques sportives, qui font évoluer notre relation au spectacle sportif, et qui auront besoin de jeunes talents pour se développer demain. Je leur conseille de garder un œil sur ces acteurs, se tenir au courant de leur actualité. Je pense notamment à REMATCH qui est intervenu pendant les Sharing Weeks Sport Business. Avec la crise du Covid-19, nous voyons l’importance de la digitalisation de nos métiers, pour permettre la continuité des activités. Nous sommes en train de construire de nouveaux modèles de développement, et nous aurons besoin de former des jeunes capables de relever ces défis.

Enfin, je prône l’engagement citoyen ! Dans le sport il y a plein de façons de se rendre utile. Proposer ses services de façon bénévole à un club ou à une association sportive, participer à l’organisation d’événements... C’est une manière de mettre un pied dans les structures sportives, les collectivités et chez les organisateurs. Faites-vous remarquer ! Et puis finalement, je dirais qu’il faut avant tout oser... Personne ne vous reprochera jamais d’avoir essayé. Et bien plus souvent qu’on ne le croit... ça marche !

Bonus – Une anecdote ?

Je me souviens d’un moment « off » et festif... Juin 2015, le stade Français Paris remporte le titre de Champion de France. Toute l’équipe célèbre la victoire dans un club parisien autour du bouclier de Brennus. Au beau milieu de la nuit, un attroupement : un VIP fait son entrée avec une escorte, des gardes du corps et quelques privilégiés... Michael Jordan en personne, en visite à Paris sur un événement basket, arrive à l’improviste à la soirée des vainqueurs du Top14. Il y a eu une ovation des champions de l’équipe de rugby à son arrivée. Nous n’en revenions pas d’être là, à fêter la consécration du Stade Français avec... Michael Jordan !