Lucas Gentilini, 19 ans, est actuellement éducateur de football en parallèle de ses études en Bachelor. Il a commencé à entraîner dès le lycée, en encadrant des équipes de jeunes dans son club de Ciboure, avant de prendre progressivement des groupes plus âgés jusqu’aux U15. Aujourd’hui à la JAB de Biarritz, il s’investit dans un projet principalement tourné vers le football féminin. Son parcours reflète un engagement précoce, une forte charge de travail et une volonté de se construire dans le management et la formation des joueuses.
Bonjour Lucas, est-ce que tu peux te présenter ?
Je m’appelle Lucas Gentilini, j’ai 19 ans, je suis actuellement en 2ème année de Bachelor à l’ESG Sport à Biarritz. Dans le football, j’occupe pour l’instant le rôle d’éducateur, car je n’ai pas encore les diplômes nécessaires pour être entraîneur. Mon rôle consiste surtout à former les joueuses, sans être dans une logique de performance. Je ne peux pas encore être rémunéré non plus, donc je me concentre vraiment sur l’apprentissage et l’accompagnement.
Quel a été ton parcours avant d’intégrer l’ESG Sport avec tes responsabilités d’éducateur ?
J’ai commencé à entraîner au lycée, en terminale STMG, dans le club où je jouais à Ciboure. J’ai débuté avec les plus petits, les U6, des enfants de 5-6 ans. En janvier 2025, j’ai pris en charge ma première équipe de football à 11, une équipe U15. Par la suite, j’ai rencontré quelques désaccords au sein du club, donc j’ai décidé de chercher un nouveau projet. C’est à ce moment-là que la JAB à Biarritz m’a contacté, notamment pour encadrer une équipe féminine, et j’ai aussi pris contact avec eux de mon côté. Mon choix n’a pas forcément été compris au départ, mais je me suis expliqué. Le fait est que, vu mon âge, c’est déjà assez rare de pouvoir entraîner. Je voulais donc saisir une opportunité dans un environnement en développement. Chez les garçons, les places sont souvent déjà bien installées, alors que chez les filles il y a encore beaucoup de choses à construire. C’est un choix que j’ai fait sur le moyen et long terme, avec l’envie de me challenger et de montrer que je peux évoluer aussi bien dans le football masculin que féminin.
Comment arrives-tu à concilier tes études à l’ESG Sport avec tes responsabilités d'éducateur ?
Au début de l’année, j’ai pris contact avec eux pour les prévenir que mes mercredis seraient compliqués à cause de mon emploi du temps. À ce moment-là, j’avais déjà deux équipes à gérer, ce qui représentait quatre entraînements par semaine et deux matchs le week-end. C’était un rythme assez intense, avec seulement le lundi de vraiment libre. À l’école, on avait cours du lundi au jeudi, et j’avais mis en place un aménagement pour pouvoir partir une heure plus tôt le mercredi afin d’aller assurer mes séances. Pendant toute l’année, l’ESG Sport a été très à l’écoute et prenait régulièrement de mes nouvelles, ce qui m’a beaucoup aidé. Ils ont vite compris que la charge devenait difficile à tenir à cause de la fatigue. Ils m’ont donc proposé des ajustements supplémentaires, notamment la possibilité de partir plus tôt le mercredi si nécessaire. Parfois, quand j’avais des matchs ou des contraintes le mercredi, ils m’autorisaient aussi certaines absences, à condition qu’elles soient justifiées.
Quelles compétences acquises à l'école t'aident le plus dans ton rôle d'éducateur ?
Pour être honnête, le niveau dans lequel j’évolue reste amateur, en district. Mais ça dépasse largement le simple cadre de l’entraînement. Déjà, tu peux te retrouver à gérer une trentaine de joueuses, donc il y a une vraie dimension humaine et de management. Il faut accompagner les filles, gérer le groupe, mais aussi participer à la vie du club : les partenariats, le réseau, la communication… il y a beaucoup d’aspects en dehors du terrain. Au final, le terrain représente environ 1h30 par jour, mais tout ce qu’il y a autour prend énormément de temps : le recrutement, les mails, les échanges avec les autres clubs, la gestion des décalages de matchs… C’est toute une organisation qui est très formatrice, même au-delà du football. Et honnêtement, je me régale. Là on est en fin de saison, donc il y a les tournois, la préparation de la saison prochaine, la communication, le recrutement… On continue aussi les entraînements, mais ça devient presque secondaire par rapport à tout le reste qui se met en place.
Peux-tu décrire du coup une journée type entre tes cours et l'encadrement de ton équipe ?
J’ai deux types de journées. Par exemple, le mardi, j’avais cours normalement dans la journée, puis j’entraînais le soir à 19h30. Dans ces cas-là, je finissais ma journée de cours, je me rendais directement au stade, et je préparais la séance avant l’arrivée des joueuses. Le mercredi, c’était différent, comme je te l’ai expliqué. Je partais environ deux heures plus tôt pour avoir le temps de réfléchir et d’adapter la séance. Dans le football chez les jeunes, il faut souvent s’adapter en permanence : entre la motivation, la fatigue, les absences de dernière minute, la météo ou les contraintes scolaires, tu peux rapidement devoir modifier ce que tu avais prévu, même à quelques heures de l’entraînement. Du coup, ce temps, en amont me permettait d’anticiper et de réajuster si besoin, pour que tout soit prêt quand les joueuses arrivaient et que la séance puisse se dérouler le plus fluidement possible.
Quels sont les principaux défis que tu rencontres en tant qu'éducateur et comment les surmontes-tu ?
Il y a énormément de défis, franchement. Déjà, comme je l’ai dit, tu gères un groupe d’environ 30 joueuses, avec des profils très différents. Il y en a qui viennent pour la performance et pour gagner, d’autres qui viennent surtout pour jouer, et parfois certaines sont là davantage par obligation, notamment vis-à-vis des parents. Donc il faut réussir à prendre tout ça en compte en même temps. Ce n’est pas comme quand tu es joueur professionnel où tu ne gères que toi-même : là, tu dois t’assurer que tout le groupe avance dans la même direction, et proposer des contenus adaptés à tout le monde. Il n’y a pas vraiment de secret : il faut beaucoup communiquer, parler avec les joueuses, comprendre leurs attentes. C’est parfois plus compliqué avec celles qui jouent moins, parce qu’elles peuvent avoir tendance à se mettre en retrait, mais justement, tu es obligé d’aller vers elles. Si tu laisses certaines filles de côté, ça peut vite impacter le groupe, donc tu dois rester attentif en permanence pour maintenir tout le monde impliqué au minimum. Dans un sport collectif, la cohésion est essentielle. Au final, le plus difficile reste vraiment la gestion humaine.
Quel conseil donnerais-tu à un étudiant qui souhaite suivre le même parcours que toi ?
Déjà, il faut être passionné. Il n’y a pas de secret : c’est beaucoup de temps, d’investissement. Je pense que j’étais autour de 50 heures par semaine entre les cours et les entraînements, avec mon responsable on avait fait le calcul. Donc oui, il faut vraiment aimer le football et aimer entraîner. Si tu as des doutes, il vaut mieux ne pas se lancer tout de suite. Il faut pratiquer, être souvent sur le terrain, accepter de dire oui aux opportunités, se challenger et toujours aller de l’avant. Il faut aussi être très organisé, parce qu’il faut réussir à gérer à la fois les cours, les révisions, le travail personnel et les entraînements. En plus de ça, j’avais aussi mon diplôme de football à préparer à côté, donc ça faisait une charge supplémentaire. Au final, tout repose sur une vraie routine. Mais cette routine est constamment bousculée par les matchs et les entraînements : parfois tout se passe bien, parfois c’est plus compliqué, avec des défaites lourdes ou des matchs très faciles à gagner. C’est justement cette alternance qui permet de rester passionné et impliqué. Mais pour moi, les deux clés principales restent clairement l’organisation et la passion.