Ethan Bandaranayake : entre ambition, résilience et handball de haut niveau

À seulement 21 ans, Ethan Banda mène de front une carrière de handballeur au PSG Handball et une troisième année de Bachelor Sport Business à l'ESG Sport à Paris. Entre les entraînements, les études et une longue période marquée par deux graves blessures, il poursuit son objectif avec détermination : devenir joueur professionnel. Dans cette interview, il revient sur son parcours, les épreuves qui l'ont forgé et la manière dont il concilie sport de haut niveau et études.

Peux-tu te présenter en quelques mots ?

Je m'appelle Ethan Bandaranayake, j'ai 21 ans et je joue au PSG Handball.

À quel niveau évolues-tu ?

J’évolue actuellement en Nationale 1 Fédérale, principalement au poste d’arrière gauche, mais je peux également jouer demi-centre selon les besoins de l’équipe.

Quel est ton cursus à l'ESG Sport ?

Je suis actuellement en troisième année de Bachelor Sport Business.

À quel âge as-tu commencé le handball ?

J'ai commencé en CM1, donc je devais avoir autour de 9 ou 10 ans.

En fait, c'est mon professeur de sport qui a remarqué que j'étais très à l'aise physiquement. Il a conseillé à ma mère de m'inscrire dans un club. À la base, moi je voulais faire du football, mais elle n'était pas vraiment d'accord. Mon professeur lui a alors proposé le handball.

J'ai fait un essai dans un club à Villeurbanne et j'ai tout de suite accroché. Le club m'a gardé et j'y suis resté pendant dix ans. Ensuite, j'ai passé une saison à Chambéry avant de rejoindre le PSG Handball il y a maintenant trois ans.

Est-ce qu'il y a eu d'autres sports qui t'ont intéressé avant de te spécialiser dans le handball ?

Oui, quand j'étais plus jeune, j'ai aussi fait du karaté. J'aimais beaucoup le football et j'ai même pratiqué le cricket avec mon père, un sport qui n'est pas très connu en France. J'ai toujours aimé découvrir différentes disciplines.

À l'école aussi, je participais à plein d'autres sports, comme le badminton par exemple.

Est-ce qu'il y a eu des étapes ou des déclics majeurs dans ton parcours ?

Oui, il y en a eu plusieurs. Le premier, c'était pendant la Coupe du monde de handball au Qatar. C'est à ce moment-là que je me suis vraiment dit : « C'est ça que je veux faire. Je veux devenir sportif de haut niveau et vivre du handball. ». Ensuite, il y a eu mes premières sélections avec le comité, puis le fait d'être champion de France. C'était incroyable et ça m'a donné encore plus envie de poursuivre dans cette voie.

J'ai aussi eu la chance d'être sélectionné en équipe de France jeunes. Porter le maillot bleu et chanter la Marseillaise, c'est quelque chose de très fort. On ressent une vraie fierté, c'est un moment qu'on n'oublie jamais.

Malheureusement, il y a aussi eu des moments beaucoup plus difficiles. En arrivant à Paris, je me suis fait deux fois les ligaments croisés. Au total, ça représente 30 mois loin des terrains, avec beaucoup de rééducation et de préparation physique. J'ai énormément douté pendant cette période. Heureusement, j'ai été très bien accompagné par ma kiné et mon préparateur physique. Cette saison, j'ai enfin pu reprendre le handball. Rejouer après autant de temps, c'était une sensation incroyable. Bien sûr, il y a eu des hauts et des bas, mais pour une reprise, je suis satisfait de ce que j'ai réussi à faire.

Qu'est-ce que ces blessures t'ont appris ?

Une blessure, ça freine forcément ta progression. On se pose beaucoup de questions, on peut avoir des regrets et parfois même perdre confiance. Ce n'est pas une période facile.

Mais avec le recul, ça m'a énormément appris. J'ai compris qu'il fallait accepter certaines choses, rester humble et continuer à travailler, même quand les résultats ne viennent pas tout de suite.

Grâce à ma kiné et à mon préparateur physique, je suis revenu plus fort, aussi bien physiquement que mentalement. Après 30 mois d'arrêt, il faut vraiment être solide dans sa tête pour réussir à revenir.

J'ai aussi appris la discipline. Pendant toute cette période, il fallait être patient. Il y avait des moments où j'avais l'impression de progresser rapidement, puis d'autres où tout ralentissait. J'ai dû constamment me dépasser pour continuer à avancer.

As-tu ressenti de la frustration à ce moment-là ?

Oui, énormément. Le plus difficile, c'est de voir tes coéquipiers progresser pendant que toi, tu regardes les matchs depuis les tribunes. Tu as envie d'être avec eux, mais tu ne peux pas. C'est vraiment frustrant.

En plus, je suis arrivé à Paris en étant déjà blessé. Je quittais Villeurbanne, où j'avais tous mes repères, pour une très grande ville où je ne connaissais quasiment personne. L'intégration avec l'équipe a été plus compliquée parce que je ne pouvais même pas jouer.

Malgré tout ça, j'ai continué à travailler et à persévérer. Je remercie le PSG de m'avoir fait confiance et de m'avoir laissé l'opportunité de revenir.

Comment as-tu découvert l'ESG Sport ?

Avant, j'avais fait un BTS GPME et je voulais continuer mes études. La suite logique, c'était soit une licence, soit un bachelor. L'ESG Sport s'est imposée assez naturellement. L'école était proche de mon club et, surtout, elle proposait des aménagements pour les sportifs de haut niveau. C'était exactement ce qu'il me fallait pour réussir à concilier mes études et le handball.

Qu'est-ce qui t'a convaincu dans cette formation ?

Déjà, tout ce qui touche au sport business m'intéresse forcément, puisque c'est mon univers. Pouvoir mieux comprendre cet environnement, c'était vraiment un plus. Et puis, obtenir un Bachelor, donc un Bac+3, c'était important pour moi. Concernant le réseau, je n'ai pas encore assez de recul pour en parler.

Aimerais-tu poursuivre jusqu'au Mastère ?

Ça m'aurait plu, mais aujourd'hui ce n'est pas vraiment possible. Mon avenir à Paris reste encore assez incertain et il ne me reste normalement qu'une année ici. Je n'avais pas envie de commencer un Master sans être certain de pouvoir aller jusqu'au bout.

Je pense donc plutôt me concentrer sur le handball et suivre une formation pour devenir entraîneur.

En quoi la formation est-elle adaptée à ton rythme de sportif de haut niveau ?

Au début, j'ai eu un peu de mal à comprendre le fonctionnement des plateformes et de l'école. Avec mon emploi du temps, je ne peux pas assister à tous les cours, donc il faut prévenir les intervenants, récupérer les contenus et s'organiser.

J'ai la chance d'être accompagné par Candice, qui fait le lien avec les intervenants et m'aide à rattraper les cours. Franchement, ça facilite beaucoup les choses.

Au départ, c'était compliqué parce que je ne connaissais pas encore bien ma classe, les enseignants ni le fonctionnement de l'école. Mais après un rendez-vous avec Aurélia, tout est devenu beaucoup plus clair et la fin d'année s'est vraiment bien passée.

À quoi ressemble une semaine type ?

Mon planning change un peu chaque semaine, mais il y a une organisation qui revient souvent.

Le lundi, quand je n'ai pas entraînement le matin, je suis à l'ESG Sport de 9 h à 16 h. Ensuite, je pars directement à l'entraînement jusqu'à 19 h. Après ça, je mange au club avec les autres joueurs, puis je rentre chez moi pour travailler un peu et me reposer.

Le mardi, je me lève vers 7 h. J'ai entraînement de 8 h à 11 h, puis je rejoins l'école avant de repartir au club l'après-midi. On a souvent de la vidéo pour analyser nos matchs ou préparer ceux du week-end, puis de la musculation et un nouvel entraînement.

Le mercredi matin est généralement plus calme. J'en profite pour essayer de rattraper mes cours ou avancer sur des projets personnels avant de reprendre l'entraînement l'après-midi.

Le jeudi, c'est entraînement tôt le matin, musculation, puis un peu de repos avant de repartir au club en fin de journée.

Le vendredi, on prépare le match du week-end avec une séance vidéo puis un entraînement. Ensuite, le week-end est consacré aux matchs, qui peuvent avoir lieu partout en France.

Arrives-tu à bien gérer ce rythme ?

Ce qui est le plus compliqué pour moi, c'est de rattraper les cours. C'est vraiment le point sur lequel j'ai le plus de difficultés.

En revanche, j'arrive à tenir le rythme grâce à tout ce que j'ai appris pendant ma longue blessure. J'ai beaucoup travaillé sur mon sommeil, mon alimentation et ma récupération. Aujourd'hui, ça m'aide à enchaîner les journées.

Je reconnais aussi que je pourrais parfois être un peu plus rigoureux pour rattraper les cours.

Est-ce que l'ESG Sport t'aide à adapter ton parcours sportif ?

Oui, clairement. Une fois que j'ai compris comment fonctionnaient les plateformes, c'était beaucoup plus simple.

Et puis, grâce à Candice, j'ai un contact direct avec les intervenants. Dès que j'ai besoin d'un aménagement ou d'une information, tout se fait assez facilement.

Quel conseil donnerais-tu à un jeune sportif qui veut mener de front ses études et le sport de haut niveau ?

Le premier conseil, c'est de choisir des études qui lui plaisent vraiment. C'est essentiel, parce que ça demande beaucoup d'investissement.

Ensuite, il faut être persévérant et ne pas avoir peur de demander de l'aide aux enseignants ou aux intervenants quand on en a besoin.

Enfin, je dirais qu'il faut trouver une école qui comprend les contraintes des sportifs de haut niveau et qui est capable de les accompagner.

Quels sont tes prochains objectifs ?

Mon principal objectif, c'est de signer un contrat professionnel pour la saison 2027-2028.

Avant ça, je veux faire une très bonne saison avec mon équipe en Nationale 1 Fédérale et, pourquoi pas, avoir l'occasion de participer à quelques entraînements ou opérations avec les professionnels.

Et à plus long terme ?

J'aimerais évoluer dans un très bon championnat, que ce soit en France, en Allemagne ou ailleurs.

L'objectif, c'est surtout de performer avec mon équipe et de construire une belle carrière. Si j'arrive à ça, je serai déjà très heureux.

Tu souhaites travailler dans le sport plus tard ?

Oui, mais pas forcément uniquement comme joueur. Si je fais une formation d'entraîneur, c'est parce que j'aime transmettre, partager mon expérience et donner des conseils aux plus jeunes. Je trouve ça vraiment intéressant d'accompagner les autres dans leur progression.

Un petit mot de la fin ?

Je n'ai pas vraiment de mot particulier. Je préfère laisser parler mon parcours plutôt que de résumer tout ça en une phrase.