3 QUESTIONS À CHRISTOPHE PIERREL – PRÉSIDENT DE LA SOCIÉTÉ STADE BORDEAUX ATLANTIQUE

Bordeaux

Après avoir travaillé plusieurs années dans la fonction publique à des postes prestigieux, Christophe Pierrel préside aujourd’hui la société Stade Bordeaux Atlantique (SBA), exploitante du Matmut ATLANTIQUE, et dirige également le développement de VINCI Stadium, ce qui l’amène à travailler pour de nombreux stades, dont le Stade de France.

Quelles sont vos missions et les objectifs de la société Stade Bordeaux Atlantique ?

Je préside la société Stade Bordeaux Atlantique, ce qui signifie que je représente les deux actionnaires (FAYAT et VINCI) puis je manage sur place une équipe qui opère au quotidien, avec un directeur général, Xavier Lapeyraque.

La société a différents enjeux : le maintien et l’entretien quotidien d’un bâtiment magnifique, qui a 5 ans maintenant, l’accueil du club résident les Girondins de Bordeaux et le développement de notre activité commerciale en faisant vivre le site. Pour cela nous organisons des concerts, des grands évènements sportifs comme des matchs de l’équipe de France de football, de rugby, les demi-finales du TOP 14 ou encore des grandes manifestations sportives internationales comme l’Euro 2016 ou la coupe du monde rugby de 2023. Nous accueillons également avec plaisir des évènements de l’Union Bordeaux Bègles. Nous sommes en recherche permanente de nouveaux événements.

Nous sommes un formidable lieu d’accueil avec des activités très originales et variées. Au début nous n’avions pas la même légitimité, la même expertise ou capacité à accueillir notamment les productions internationales. Nous avons beaucoup appris et très rapidement. Les équipes de SBA sont compétentes et aujourd’hui les différents producteurs de spectacles, les organisateurs de grands évènements, les ligues, les fédérations sportives, s’accordent à dire que l’on est bien accueilli au Matmut ATLANTIQUE, qu’il y a de l’expertise, de la technicité. C’est très important pour donner envie à ces acteurs de faire appel à nous. À côté des grands évènements il y a aussi une autre dimension importante de notre activité qui est la partie séminaires et conventions. Tout cela fait que l’on propose, tout au long de l’année, un site d’exception à des entreprises au sein du stade.

Au quotidien la société SBA comprend 14 personnes, mais nous travaillons également avec des sous-traitants pour l’entretien de la pelouse, le maintien du bâtiment, le gardiennage, la sécurité incendie. Quand nous sommes en évènement nous pouvons être 2000, 3000 à travailler (entre les loges, les salons, les buvettes, les organisateurs, les intermittents, etc.). Preuve que l’on arrive à manager des équipes exponentielles avec peu de personnes.

C’est une première en France, pour quelles raisons avez-vous souhaité construire ce partenariat avec l’école ESG ?

Pour nous ce partenariat est formidable car nous croyons beaucoup à la question de la vie de nos infrastructures, vie qui ne doit pas être qu’une vie de l’évènementiel mais une vie du quotidien.

Depuis quelques mois nous avons voulu ouvrir les portes du Matmut ATLANTIQUE et le rendre plus accessible aux Bordelais et aux habitants de la région. Nous avons par exemple créé l’Orange foot park qui a permis à plus de 3 500 amateurs de foot de jouer sur la magnifique pelouse du stade. Nous organisons également la journée évasion avec l’association Premiers de cordées qui permet à des enfants malades de pratiquer durant toute une journée de nombreux sports au Matmut ATLANTIQUE.

Lorsque nous avons imaginé ce partenariat avec l’ESG, il nous a semblé évident qu’elle avait toute sa place au Matmut ATLANTIQUE. Faire venir une école dans l’enceinte même du stade, c’est donner du sens à une formation liée à notre activité. Je trouve formidable de donner une place à l’apprentissage dans une infrastructure sportive d’une grande dimension. Nous sommes dans des métiers du réel qui confrontent nos expertises, il y a beaucoup d’expérience à acquérir dans cette enceinte. Nous aimons également cette idée que le stade, parfois ressenti comme un objet froid, un peu lointain, que l’on a du mal à s’approprier, puisse avoir une âme supplémentaire avec cette vie étudiante. Le fait que nous puissions en faire un objet de vie du quotidien, je trouve cela génial et pour nous tous c’est important. Pour les équipes il y a un aspect nouveau, le challenge est vraiment là. Je souhaite qu’il y ait une vraie relation d’échanges, de témoignages de ce que nos équipes vivent au quotidien. Le stade, n’est pas qu’un bâtiment, il doit avoir une vocation sociale et sociétale.

Je crois beaucoup à la force du renouveau et des esprits qui s’animent. Je me dis que c’est lorsque l’on est capable de se renouveler, d’inventer, que l’on est encore les meilleurs.

Quelle est votre ambition pour le Matmut ATLANTIQUE, pour le partenariat avec l’ESG Bordeaux ?

Aujourd’hui on fédère principalement le foot et le rugby puisque c’est aussi une enceinte qui accueille l’UBB et les matchs du TOP 14. Les Girondins de Bordeaux et l’UBB, même s’ils ont une place très importante dans l’écosystème local, évoluent dans des championnats nationaux et ce n’est pas forcément la vie sportive de tous les Bordelais. Il faut mettre en place des évènements plus locaux, qui permettent à plus de monde de s’approprier le stade. Il y a un embryon de quelque chose sur lequel il faudra se pencher. L’interaction entre les différents acteurs et organismes qui font vivre le sport sur Bordeaux est important.

Nous espérons que le partenariat sera long. Nous voulons accompagner la montée en puissance d’une telle formation localement et nationalement, être un soutien, être acteur. L’objectif est que cela perdure et plus cela montera en puissance, plus nous serons présents aux côtés de l’école. Je pense que c’est quelque chose qui se consolidera avec le temps parce que nous allons vivre ensemble, travailler ensemble, s’apporter mutuellement.